Fissures

Mexico – 9 millions d’habitant.es

1 catastrophe naturelle annoncée

6 fins possibles

Résumé

Le spectacle commence dans le bureau de l’une des conseillères du Président de la République du Mexique. La jeune ingénieure Gabrielle Curiel Flores, l’inventeuse d’une toute nouvelle technologie de mesure sismique non encore reconnue par ses pair.es, a établi une théorie prédisant qu’un séisme de magnitude 9 allait frapper la ville de Mexico dans 3 mois.

Son but : faire évacuer cette mégalopole de 20 millions d’habitant.es. Aidée de son précieux soutien et ami, elle va tenter de convaincre cette conseillère de l’urgence de la situation afin de rencontrer le Président en personne.

Impossible de résumer la suite de cette pièce. Ce sont les spectateurs et spectatrices qui devront choisir, car cette histoire à multiples embranchements est soumise au vote du public, à divers points de basculement, tout au long de la pièce. Jusqu’à la conclusion ultime : la terre tremblera-t-elle ? Ou pas ?

 

Equipe

texte David Gaitán

jeu Alizée Bingöllü, Héloïse Gaubert, François Rey, Vincent Pouderoux

caméra Lucas Delesvaux

mise en scène Julien MICHEL

production Lise Eneau-Brun

Note d’intention

Notre utilisation du monde donne lieu à des catastrophes. Saurons-nous les prévoir? Les éviter? Le souhaitons-nous? Quel pouvoir ont les politiques et les médias face à l’(in)évitable? Ce sont quelques questions que posent “Fissures”. Ces questions me passionnent. 

Notre mode de vie est catastrophique et confortable. Chaque jour nous faisons des choix et des compromis moraux, culpabilisateurs, face à l’écologie. Face aux éléments naturels.

Je veux pouvoir composer sur ce thème. Sur ces problématiques. Pour mettre à jour les contradictions, les paradoxes. Je veux parler des gens qui alertent. Je veux composer sur la diversité de ces alertes: pourquoi les personnes parlent de complot? Comment les politiques semblent faire fi des prévisions scientifiques? Philosophiques? Sociologiques? Et si tout ceci n’était au final qu’une mascarade, un vaste jeu de rôles. Qui croire? que croire? De quels éléments disposons-nous pour prouver les choses? Valider les hypothèses?

Ce me semblent être des questions quotidiennes récurrentes pour qui suit l’actualité par exemple. 

Quelle construction d’esprit critique face à des informations si disparates, des peurs ou des scandales annoncés? Que savons-nous réellement des choses? Peut être que la seule preuve réside dans la catastrophe une fois qu’elle éclate et qu’on l’observe, là, devant nos yeux démunis. Si démunis?

Au-delà de la résonance avec l’actualité, “Fissures” est une pièce grinçante, caustique, accessible et sa forme est surprenante.  Ici pas de contemplation, le public est actif. Il a un pouvoir énorme sur cette fiction, par son vote, il en modifie le cours. Il peut interagir. Le public peut donc faire trembler la terre. Gouter au sensationnel d’une catastrophe tout en restant confortablement assis. Ou au contraire l’empêcher. C’est exactement le paradoxe contemporain: goûter les fruits technologiques de la pollution, et garder l’amer de la faute en bouche.

Julien Michel octobre 2021

L’auteur 

David Gaitán (México, 1984) est comédien, auteur et metteur en scène. En tant qu’auteur, plus d’une vingtaine de ses pièces ont été montées et publiées.

Ses créations ont été programmées dans de nombreux festivals internationaux, tels que le Festival internacional de Buenos Aires, Heidelberg Stückemarkt, Festival Iberoamricano de teatro de Bogotá, Mülheim Festival, Festival Internacional de teatro del Uruguay, ENARTES, Festival de San Sebastián, Festival de teatro latinoamericano de Miami, Fira Tárrega, entre autres.

Il a été retenu six fois pour participer à la Muestra nacional de teatro, au Mexique. Aussi, il a réalisé des résidences d’écriture au Lark Play Development Center de New York et il fait partie du groupe d’auteurs du Royal Court Theatre d’Angleterre.

Son travail s’est présenté largement aux États-Unis, Allemagne, Espagne, Argentine, Uruguay, Colombie, France et Singapur. Il est enseignant dans les principales écoles d’art dramatique du Mexique depuis sept ans.

Crédits photos Joran Juvin